mercredi 20 octobre 2010

Chantier à Sakhnen (Israël), juillet 2008 (Delphine)

Je suis partie trois semaines en Israël, afin de participer à un chantier organisé par Baladna une association qui promeut la jeunesse arabe sur le territoire israélien. Je suis arrivée quelques jours avant le début du chantier afin de visiter un peu Jérusalem et les alentours (Bethlehem, la mer morte...).

Je ne ressentais pas les tensions jusqu'à ce que je prenne le bus pour Haifa, point de rencontre avec les autres volontaires du chantier. Il y avait des personnes dans le bus qui n'était ni des militaires ni des policiers qui portaient des fusils. Plus tard, j'ai pris l'habitude de voir ces hommes et femmes en armes.

Rencontre avec les autres volontaires de mon chantier au bureau de l'association nommé Baladna, ce nom signifie en arabe "Mon pays", cette organisation promeut en réalité la culture palestinienne mais ne pouvant pas se nommer de la sorte, elle s'appelle officiellement "association for Arab Youth". Nous sommes 12 volontaires : trois Françaises, Anne, Maïté et moi ; une Belge, Valérie ; une Irlandaise, Helen ; une Américaine, Jordan ; un Italien, Angelo ; deux Espagnoles : Anna et Elisenda ; deux Hollandais: Rick et Saskia ; et Bilal notre "camp leader"

Direction Sakhnen, peuplée à 80% d'arabes.

Nous dormons dans un complexe sportif dans lequel il y a des cours de karaté et d''alphabétisation pour les femmes. Les volontaires filles dorment dans une grande pièce tandis que les hommes sont dans une autre salle. Nous faisons la cuisine à tour de rôle, mais le soir, nous nous faisons la plupart du temps inviter par des personnes de Sakhnen, on a même appris à faire ces sortes de pizzas typiquement arabes.

Les habitants de Sakhnen sont très généreux, on s'est fait inviter partout et même à un mariage!!!

Pendant deux semaines, l'essentiel de notre travail a été de rénover une école, désherbage, nettoyage, plantation... un dur travail dirigé par un vieil homme que l'on appelé Abu Dictator parce qu'il hurlait toujours !!!! Malgré ses hurlements, nous rigolions tous dès qu'il arrivait !! Les gens de Sakhnen viennent peu à peu nous aider. Nous avons beaucoup de pause grâce aux glaces généreusement offertes par la population! La télé locale fait de nous de vrai célébrités!!

Les deux derniers jours du chantier, nous avons travaillé en dehors de l'école.... deux jours où nous n'avons pas fait grand chose! L'un de ces jours était consacré au nettoyage des terre-pleins d'une route nationale... Toutes les 5 minutes quelqu'un venait nous apporter à manger : glace, boissons, gâteau, les restaurants nous invitaient à manger des pizzas, le garagiste nous offrait le café, les voitures s'arrêtaient. Au bout d'une heure nous n'arrivions plus à manger tellement notre ventre était plein, ni à travailler d'ailleurs! Le dernier jour, nous avons nettoyé une source... et ça s'est fini en bataille de boue généralisée !!!

L'après-midi était consacrée à des rencontres avec des familles palestiniennes. Nous avons visité un village sans nom qui s'apparente à un bidonville, le contraste avec les colonies israéliennes dont les maisons ont toutes le confort moderne est saisissant. Les arabes vivant dans le bidonville ont interdiction de construire des maisons en dur même s'ils sont sur leur propre terre.

Nous avons eu lors de ces rencontres beaucoup de témoignages de ces "arabes 1948" comme on les appelle, des arabes qui ne sont ni israéliens ni palestiniens. Certains d'entre eux ont vu leurs amis se faire tuer, d'autres leur maison détruite. Ces témoignages étaient très touchants.

Le soir, les habitants du village venaient nous rendre visite, ils nous apprenaient ainsi l'hymne palestinien « Maotini » qui signifie « ma vie », ou bien nous étions invités chez eux pour un mariage ou un match de football ou un diner....

Le chantier s'est terminé avec une grande fête pour notre départ, quelle tristesse de quitter Sakhnen et ses habitants si généreux.

Ce chantier m'a permis de connaître mieux le conflit israélo-palestinien, et de voir des choses que je n'aurais jamais pu voir en étant une simple touriste à Jérusalem. Souvenir inoubliable.

Delphine

vendredi 4 juillet 2008

Chantier à Beni-Ourtilène (Algérie) en août 2006 (Alexandra)

Je suis partie presque 4 semaines en Algérie pendant l'été 2006 après la préparation au départ assurée par le SCI. J'ai d'abord passé quelques jours pour faire du tourisme à Alger, cette ville magnifique et complètement magique, dont voici l'un des emblèmes : la grande poste.

Ensuite, je suis partie pour Beni Ourtilène, en Petite Kabylie, pour un chantier de 3 semaines. Voici le village de Beni Ourtilène, en pleine montagne, à l'air pur !

Les deux premiers jours ont été un peu difficiles pour moi à cause de la barrière de la langue (j'étais la seule étrangère, tous les autres volontaires venaient de différentes régions d'Algérie). La plupart des Algériens parlent français mais ce n'est pas le cas de tous. Ce n'était pas très gênant en soi (après tout, je ne parle pas arabe ni kabyle, je n’allais pas exiger que les Algériens parlent français) mais c’était un peu compliqué et frustrant au début. Il a fallu que j’apprenne à accepter de ne rien comprendre parfois, que je demande souvent une traduction et que je trouve le moyen de communiquer autrement. C'était un peu fatigant parfois mais finalement, c'était très enrichissant et positif. J'ai dû trouver d’autres moyens que la parole pour me faire comprendre : ça a provoqué pas mal de fous rires collectifs !

Voici notre groupe (9 garçons et 5 filles) pendant l'un de nos dîners dans l'école primaire où nous étions hébergés.

Concrètement, le chantier n’a pas beaucoup avancé (nous étions censés déblayer des ruines) mais les échanges entre volontaires et avec la population du village ont été très riches.

Quelques sorties ont eu lieu soit à la journée, soit l’après-midi.

Nous avons alors cotisé pour louer un minibus. C'était un peu l'aventure à chaque démarrage : on devait tous sortir du minibus pour le pousser et espérer qu'il démarre (toujours dans un nuage de fumée noire à faire dresser les cheveux sur la tête de Nicolas Hulot !). Pour avoir une idée de l'ambiance, prenez dix personnes qui tapent dans les mains, font des percussions avec les pieds et chantent tout le répertoire d'Idir et les tubes kabyles de l'été 2006 à tue-tête !

Par exemple, nous avons visité la ville de Sétif (fontaine d'Aïn Fouarra), nous sommes allés sur la côte à Cap Carbon, près de Bejaïa (Bougie), et avons aussi découvert les splendides ruines romaines de Djemila.

Nous avons également eu la chance d’être invités à un mariage et à des fiançailles. En tant qu'étrangère, j’ai passé une journée chez le responsable local de l'association d'accueil du chantier pour, entre autres, apprendre à cuisiner quelques plats avec sa femme. Près de notre école-maison se trouvait la « maison de jeunes » où on pouvait jouer au ping-pong, au foot, et surtout à la pétanque avec les jeunes du village.

La vie de chantier, ça suppose aussi de faire la cuisine par équipe ! Me voici donc en train d'apprendre à préparer la chorba, la tchektchouka et autres spécialités algériennes.

J’ai eu l’impression au début que les volontaires n'étaient pas très curieux par rapport au fait que je sois étrangère mais c’était finalement bien agréable pour moi d’être traitée exactement comme les autres. Certains volontaires m’ont quand même dit qu’ils étaient très contents que je sois là car ça égayait le groupe et ça leur faisait beaucoup de bien de voir des étrangers alors que leur pays est très fermé. La plupart du temps, les Algériens ne comprenaient d’ailleurs pas pourquoi j’avais eu envie de venir dans leur pays parce qu’ils savent qu’en Europe, on parle surtout de l'insécurité, de l’islamisme etc. Lorsqu’ils constataient que je n’avais aucune origine algérienne, ils se montraient d’abord surpris, puis très touchés que je sois venue. Ils s'inquiétaient de savoir si tout se passait bien pour moi, si je pensais revenir un jour et me souhaitaient tous chaleureusement la bienvenue. Les rencontres et les expériences que m’ont permises ce chantier ont été formidables et je n'avais qu'une envie à mon retour : repartir en Algérie ! C'est d'ailleurs ce que j'ai fait en janvier 2007 pour une petite semaine à Alger et je compte bien repartir en 2008 revoir les amis !

Alexandra